Et si on éliminait le klaxon?
Une belle histoire de klaxon.
Vous êtes au volant de votre petite voiture économique et conduisez paisiblement en écoutant du bon vieux rock. C’est votre doux moment de détente de la journée, le moment où vous vous retrouvez enfin seul après une journée difficile au travail. Soudain, sans avertissement et visiblement sans motif valable, un coup de klaxon vous fait sursauter. Vous tournez vite la tête sous l’effet de surprise pour apercevoir que le signal provient d’une voiture qui fait votre envie. Cet instant d’inattention fut un instant en moins pour freiner et éviter de frapper l’enfant qui traversait la rue. Vous sortez de votre voiture et accourez au petit homme âgé d’au plus huit ans. Vous paniquez. Vous retournez l’enfant sur lui-même qui gise sur le capot de votre voiture. Vous découvrez ce jeune visage innocent et meurtri qui restera gravé en votre conscience pour longtemps. Vous remarquez qu’il respire encore, mais il perd beaucoup de sang au niveau du crâne. Il est conscient ou pas, vous n’en êtes point sûr. Vous êtes étourdi. Vous criez de l’aide. Quelqu’un appelle les ambulanciers qui mettront quelques minutes à arriver. Ça vous fait tout de même quelques belles minutes de joyeuse angoisse aux côtés d’un enfant aux abords de la mort, entouré de gens qui s’attroupent. Vous ne portez pas tellement attention à ces derniers, mais vous ne les connaissez pas. Si vous voyez l’effroi sur leur visage dû l’état délicat de l’enfant, vous lisez surtout tout le dégoût qu’ils éprouvent pour vous d’avoir heurté un garçon intelligent qu’ils connaissent bien sous le nom du petit Marc.
Plus tard, vous serez à l’hôpital et l’enfant décédera. Vous rencontrerez ses parents anéantis auxquels vous direz : « Je suis vraiment désolé. J’ai été distrait par un klaxon ».
Les faits
Ça semble peut-être un exemple radical, mais tout à fait vrai-semblable. Je n’ai vécu et je n’ai connu personne en cette situation. Je peux cependant affirmer que je suis déjà passé très près d’avoir un accident suite à un coup de klaxon, histoire que je ne conterai pas, puisqu’elle vous ennuierait. En voici une autre, vécue, un peu plus cocasse.
L’anecdote du klaxon
Je faisais du vélo sur une route de campagne. Vous savez, le genre de route fabriquée d’asphalte raboteuse. À côté de la route, un tapis de petites pierres. La séparation de la route et la pierre est très marquée puisque l’asphalte est beaucoup plus haute et se désagrège.
Ils pleuvait assez fort et la nuit me poursuivait. Je me dépêchais donc à rentrer d’une longue route. Je faisais très attention de rester le plus à la droite de la route possible, question de ne pas gêner le passage des voitures. Cependant, ce n’est jamais suffisant. Certaines gens semblent adorer prendre de la place. C’est alors qu’un automobiliste, ou une automobiliste, arrivant par en arrière de moi, m’a klaxonné. Cela est très irrespectueux, mais qui sait, peut-être avait-il un message important à faire passer. J’en doute! Ce ne fut pas qu’un simple coup de klaxon, mais une rafale d’environ huit coups de klaxon rapides avec pour message : « Tasse-toi où je te tue %$#@ de cycliste ». J’ai sursauté, j’ai débarqué de la route maladroitement et ma roue avant a ensuite percuté le bord d’asphalte raboteux. Au final, crevaisons grâce à cette gentille personne. J’ai donc profité d’une agréable marche, jusqu’à chez moi, en traînant mon vélo, sous la pluie froide, à la noirceur, pendant prêt de deux heures.
L’utilité du klaxon
Bon voilà, je fais ce que je peux, mais je n’arrive pas à me souvenir d’une situation où le klaxon me fut nécessaire. Dans la mesure où c’est quelque chose de vraiment désagréable à entendre et que ce peut même être dangereux, c’est d’une utilité futile et les gens, vraiment, en abuse à Montréal au point tel que la ville en est polluée et me répugne. Devrait-on s’en départir? Rendre le klaxon illégal sur tous les nouveaux véhicules produits à partir d’une date certaine ou peut-être seulement limiter le nombre de décibels.
Le point sur le klaxon
Une personne se fait couper, cela la frustre et klaxonne. C’est une bien maigre vengeance inutile qui ne fait que répandre la colère parce que moi, ce qui me met en rogne sur la route, et je ne suis certainement pas le seul, c’est d’entendre des klaxons. Ce son agressant devient donc un moyen de propagation de la frustration. Presqu’un cercle vicieux. J’imagine un monde sans cela. Sourire, sourire!
Élections Fédérales à deux tours?
Lorsque l’on regarde le résultat des élections fédérales 2008, on ne peut qu’être déçu.
Avant d’entrer en campagne électorale, c’est le gouvernement conservateur qui défendait l’idée d’avoir des élections à date fixe. Bonne idée me semble-t-il, puisque cela empêche que le gouvernement nous manipule en tirant l’avantage du calendrier afin de garder leur pouvoir actuel et d’en obtenir davantage. Ajoutons à cela d’importantes économies, rappelons que ces dernières élections nous ont coûté 300 000 000 $. Des arguments de poids en faveur de l’idée d’élections à date fixe. Cependant, c’est ce même gouvernement, ce même chef, Stephen Harper, qui dépose l’idée sur table et qui la viole en déclenchant des élections, croyant tirer profit du moment.
Quand on parle de cohérence.
Pour cette simple raison, ce gouvernant méritait et se devait d’être défait.
Que s’est-il passé? Deux clans se sont formés. Les conservateurs et les autres: les néo-démocrates, les libéraux, les bloquistes et les verts. Seulement 38 % de votes en faveur des conservateurs, beaucoup plus de la moitié des gens sont donc contre les conservateurs. Malheureusement, malgré le vote stratégique et les efforts de « Voter pour l’environnement », le vote anti-conservateur s’est retrouvé divisé. Les bleus foncés en ont donc profité.
Pour ajouter à la comédie, le taux de vote est descendu à 59%. Bravo chers canadiens irresponsables ! En tenant compte de cela, on peut donc dire que c’est seulement environ 22% des gens qui ont voté conservateur. Que pense le 41% de la population qui s’est abstenu de voter? Probablement rien, ce sont des gens sans opinion, moutons, qui se laissent trainer et diriger sans mot dire, en raison que c’est du pareil au même pour eux. Plutôt que de s’informer sur l’avenir de leur pays et de la planète qui s’échauffe, ils préfèrent se faire remplir le crâne de friture par l’intermédiaire d’émissions telles que Loft story et Occupation double.
Le fait est que ces bonnes gens, d’une intelligence supérieure, auraient pu à eux seuls, changer complètement la donne.
Êtes-vous déçu?
Oui, vous l’êtes! Conservateurs sont déçus de ne pas avoir obtenu leur gouvernement majoritaire via leurs magouilles et leur propagandes. Anti-conservateurs sont déçus d’avoir encore un gouvernement conservateur et d’avoir gaspillé 300 000 000$, argent qui aurait bien pu être investi en… éducation? Ça serait utile d’éduquer des citoyens moins ignorants, apte à choisir et à voter.
Le problème, que tout le monde soit déçu, c’est que les résultats ne reflètent pas la volonté du peuple. La droite étant unie sous une seule bannière, ceux qui sont plus à gauche sont divisés sous un trop large éventail pour faire le poids.
Ajuster le résultat à la réalité?
Simple! Un système d’élections à deux tours. Ce qui est plus compliqué, c’est que le gouvernement actuel est conservateur et que ce n’est certainement pas à leur avantage de changer quoi que ce soit à ce sujet. Voici le concept.
Les gens votent comme ils le font déjà. On compile les votes pour chaque circonscription et pour celles-ci, on retient les deux candidats ayant obtenu le plus de votes. Les gens votent pour un des deux candidats restant de leur circonscription respective. Si on applique cela à une circonscription presque choisit au hasard : Beauport Limoilou.
Les gens ont dernièrement voté comme suit:
- Sylvie Boucher PCC: 17967 votes
- Éléonore Mainguy BQ: 15981 votes
- Yves Picard PLC: 7066 votes
- Simon-Pierre Beaudet NPD: 5991 votes
- Luc Côté PV : 1364 votes
- Simon Bédard IND : 618 votes
Nous aurions donc retenu seulement Sylvie Boucher du parti conservateur et Bloc Québécois, avec environ 2 000 voies de différences. Ce serait suivit d’un second vote auquel le choix est restraint et pour le mieux. On peut très bien supposer que ceux qui ont voté Vert, voterait pour le Bloc, étant beaucoup plus prêt de l’environnement que le parti conservateur. Ceux qui ont voté pour le NPD, même constant, le Bloc est beaucoup plus prêt des idéaux néo-démocrates que le parti conservateur ne l’est. Il ne reste que ceux qui ont voté libéral et ceux qui ont voté pour Simon Bédard, candidat indépendant. Je vous laisse vous faire vos idées là-dessus. Cette circonscription aurait probablement été bloquiste plutôt que conservatrice.
Suivant cette même logique, Élisabeth May, chef du parti Vert, aurait peut-être été élue. Ce qui est certain, c’est que de nombreux sièges se seraient retrouvés sous des fesses anti-conservatrices, favorisant donc les quatre autres partis.
Un système électoral à deux tours permettrait donc une meilleure représentation de la réalité et de la volonté du peuple. Le vote stratégique perdrait grandement de son intérêt. En attendant, les anti-conservateurs de l’ouest canadien peuvent dire merci au Québec, merci d’avoir sauvé les meubles.