Vaurienne

Un début inopportun et incalculé,
L’histoire d’un moment où je me suis égaré,
Seul avec elle, moi, apeuré et affaibli,
Elle, jolie et vermeille de fleur que j’ai senti.
Chaleur qui montait, sa présence qui m’oppressait,
M’enlevait respire et mes poumons déchiraient.
L’air s’entrechoquait empressée dans ma gorge,
Étourdi comme un mendiant dans un éloge,
Elle me disait choses que je ne devais entendre,
Elle me toisait, chaque mot me hardant en cendre,
Elle me brusquait, mais en avait rien conscience,
Et sans savoir senefiance séance,
C’était ainsi que ses lèvres heurtèrent miennes.
Jamais je n’avais tant souffert, vaurienne.

Elle m’embrassa et c’est depuis ce maudit jour,
Que l’idée me revient régulier et toujours,
Me tuer, frappé de l’image qui me sèche les yeux,
Me lier, jeté du sens qui me dresse les cheveux,
Me nier, étouffé du reste qui se délaisse.
Je crie ton erreur que tu me fais, favresse.

Néporquant, je vécu encore sans le vouloir,
Et le chemin me conduit à monter sans choir,
C’est pourquoi, dans la montagne, fut bâti maison,
Si haute que de si loin nous l’apercevions,
De bois et de pierre faite, enjolivée de fer,
Solide, grande, surplombant les vallons et la mer,
Arborant la fierté sans son tissu de gloire,
Sur ce je fermai les yeux pour me mémoire.

Elle m’embrassa et c’est depuis ce maudit jour,
Que l’idée me revient régulier et toujours,
Me tuer, frappé de l’image qui me sèche les yeux,
Me lier, jeté du sens qui me dresse les cheveux,
Me nier, étouffé du reste qui se délaisse.
Je crie ton erreur que tu me fais, favresse.

Néporquant, je vécu encore sans le vouloir,
Et à la guerre j’allai, une question de pouvoir.
C’est pourquoi, sans peur, héro fus-je proclamé,
D’hardiesse et de vaillance suis-je martelé,
Envié et vénéré, givré des milles ors,
Je menais au front mes hommes, sans crainte pour mon corps,
Car il ne m’appartenait, vous l’ayant donné.
Et je m’isolai, l’instant de me remembrer.

Elle m’embrassa et c’est depuis ce maudit jour,
Que l’idée me revient régulier et toujours,
Me tuer, frappé de l’image qui me sèche les yeux,
Me lier, jeté du sens qui me dresse les cheveux,
Me nier, étouffé du reste qui se délaisse.
Je crie ton erreur que tu me fais, favresse.

Aujourd’hui, je suis roi et toi damoisele,
Une autre fois, je reviens à toi, moins belle,
gâtée du temps, mais moi amère, brisé des faits.
Je t’aimerai si tu m’acceptes à jamais,
Et je sais que l’oublie m’a enlevé de toi,
Mais il est moment que tu te bannisses à moi,
Pour que nous puissions arrêter ce pendule,
Et qu’enfin, par bleu, il cesse de me rappeler.

Elle m’embrassa et c’est depuis ce maudit jour,
Que l’idée me revient régulier et toujours,
Me tuer, frappé de l’image qui me sèche les yeux,
Me lier, jeté du sens qui me dresse les cheveux,
Me nier, étouffé du reste qui se délaisse.
Je crie ta faveur que tu me fais, duchesse.

Linceul

Toi, dans ma tourmente, la petite demeisele,
Tu m’emportes et m’envoies, je, marchant seul et seul.
Il me rêve, ce rêve et me laisse dans le linceul.
Sous le pesant, je me tourne et tu me retournes.

Toi, dans ma contrainte, tu ris, tu enjouis sans moi.
Ma belle lubie, je, tu l’exhibes et exhibes.
Elle m’envie, cette envie et me jette en tombe.
Sous le froid de pluie, je suis coi et tu restes coi.

Toi, dans ma mal-aisance, sale angelete sale.
Tu prends le vouloir de je, qui te veut et veut.
Il me regarde, ce regard et me brûle sans feu.
Sous l’odeur de terre, je souffle et tu m’essouffles.

Toi, dans ma tentation, tu séduis de ton fait.
Belles jambes ornées d’un corps, je, tu le fuis et fuis.
Elle me tache, cette tache, m’accable et me tue l’esprit.
Sous le ciel-de-lit, je me tais et tu te tais.

Toi, dans ma pureté, délicate trompeuse,
Tu gâches la vérité, je, voulant mieux et mieux.
Elle me perd, cette perte et m’élève jusqu’à mes cieux.
Sur le monde vôtre, je vois et je te vois, tueuse.

Toi, dans ma cessation, vile petite mortelle,
Tu vivras, sans conscience, je, aimant et aimant.
Il me goûte, ce goût, mais je ferai toujours sans.
Sous l’adieu, sourde, je dételle et tu dételles.

Cinq mots à redécouvrir: deuxième partie

Assouaver

C’est un excellent mot afin de faire un peu de poésie et intriguer une demoiselle. C’est l’acte de répendre de la douceur. On peut reconnaître suave dans ce mot. Malheureusement, il n’existe plus. Cela paraît tout de même assez bien si je dis: « mon ange, que vos mains s’assouavent sur mon coeur que je puisse dormir en paix ».

Angelle, angelete, angelote

Le nom ange est masculin et en général, on considère qu’un ange n’a pas de sexe. Alors dire à une demoiselle qu’elle est une ange, ça cloche. Angelle, angelete et angelote sont des mots qui n’existent plus. Ils signifient respectivement: ange au féminin, petite ange, petit ange.

Deliesce

Cela signifie simplement délicatesse. Un très joli mot qui impressionnera. Il n’existe plus, malheureusement.

Gent

Masculin de gente. Oui, ça existe. Du moins, c’est désuet.

Chanteraine

Lieu où chantent les grenouilles, où il y a beaucoup de grenouilles. Désuet, aussi, il est.

Celui qui parle Français

Celui qui respecte sa langue est conscient de celle-ci.

Celui qui parle notre langue, en nos terres, connait sa situation précaire. Celui qui la parle doit faire un effort de chaque instant pour la conserver et la faire survivre. C’est pour lui un enjeu d’actualité.

Il sait qu’il doit faire en sorte de la parler avec fierté, sans renoncer, l’esprit hardi. Persévérant, il cherchera à se débarrasser de ses anglicismes et autant qu’il le peut, à parler que sa langue en ses lieux.

Ce n’est rien d’un chemin facile. Il est constitué d’embûches et de travers, mais il les surmonte, tête haute et les pieds endoloris, car il a foi, car il a choisi ce chemin.

Ce ne signifie pas qu’il se ferme à connaître d’autres langues. Ce ne signifie pas qu’il devra absolument corriger et reprendre ceux avec qui il communique. Celui-ci sait que tout commence par lui-même.

Celui qui aime sa langue, la soigne.

Celui qui parle

Cinq mots à redécouvrir

La condition du Français est déplorable au Québec. Si je ne souhaite pas commenter à ce sujet pour l’instant, mais je souhaite tout de même contribuer à redorer notre belle langue. Voici donc cinq beaux mots à découvrir ou à redécouvrir. Plusieurs d’entre eux sont morts jadis, pourquoi ne pas les faire revivre si nous en trouvons utilité?

Marivauder:

échanger des propos raffinés, plus particulièrement en matière d’amour. C’est un excellent substitut à l’anglicisme flirt.

Assire ou asseoir?

Les deux existent ou plutôt, un de ces deux mots n’existe plus dans les dictionnaires. Asseoir est le bon terme pour désigner l’action de poser ses fesses sur une chaise. Par contre, nous entendons souvent l’utilisation du verbe assire pour cette même tâche. Ce n’est pas tout à fait erroné puisque le verbe assire, en ancien Français, signifiait: « placer ou assigner une place ».

Dansel, dansele:

c’est là des mots oubliés qui signifient respectivement jeune garçon et jeune fille. C’est tout de même de très jolis noms à utiliser plutôt que le traditionnel mademoiselle.

Amoureuser:

comment dit-on rendre amoureux en un seul mot? Amoureuser! C’est un mot que l’on ne trouve plus dans les dictionnaires d’aujourd’hui, c’est un vieux mot, joli qui devrait renaître puisqu’il n’existe pas de remplaçant.

Rétroaction:

c’est un bon substitut à l’anglicisme feedback

Puisse cela vous être utile ou, du moins, vous faire sourire.

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