Bon gars

Oui, je suis un bon gars et c’est malgré moi. Ça veut dire quoi être un bon gars? À la base un bon gars reste un gars. Ça pète, desfois ça sacre, desfois ils mange juste trop de chocolat et de temps en temps il lui prend une envie de baiser tout ce qui bouge. La différence, c’est qu’il ne le fait pas, parce qu’il est bon gars. C’est pas qu’il ne veut pas le faire, c’est qu’étant catégorisé bon gars, les demoiselles ne voudraient pas briser son cœur pur. Ça donne quoi au final? Bah le bon gars, il reste chez lui, célibataire et chaste pendant deux ans. C’est sûr, il lui reste à regarder des films pornos des plus dégueulasse sur le net et à essayer de charmer des inconnues sur des sites de rencontres. De temps en temps, il sort avec des amis, mais même s’il trouve la serveuse bien jolie ou encore sa collègue de travaille bien accoutrée, il sait qu’il n’a aucune chance, il est catégorisé bon gars. Il est tellement en manque de cul qu’il développe une imagination des plus fertiles. C’est sûr, ça prend une créativité débordante pour renouveler la fantaisie à tout les jour en se masturbant.

Le bon gars, ce n’est pas une brebis, merde! Le gars gars oui est un bon gars, mais il a des besoins à combler. Mon ex ne voulait pas me laisser parce qu’elle avait peur de me faire du mal. Bravo! À la place elle m’a trompé avant de me laisser. C’est excellent pour la confiance en soit.

Le bon gars essaye par tout les moyens de charmer, c’est pour ça qu’il fait des recherches sur la galanterie, qu’il compose quelques poèmes, ça peut toujours servir. Il achète un tapis rouge, juste au cas! Il s’abonne à un paquet de sites ridicules de rencontres. Un jour, il va à un speeddating à Montréal, résultat: rien! Il sort dans quelques bars, mais se rend bien compte qu’il est nul pour aborder les demoiselles. Il se retrouve dans le train, échange des regards avec une demoiselle qui lui fait quelques instants plus tard un doigt d’honneur. Il devient tellement en manque de cul que sur l’autoroute il regarde les conductrices qui passent à côté de lui.

Ensuite le bon gars tente d’autres stratégies pour rencontrer sa perle rare. Il s’inscrit à un cours de création humoristique, il se rend compte qu’il est pas mal drôle, peut-être trop drôle. Son humour ironique, débile et quelques fois vulgaire donne l’impression d’être un gars pas du tout sérieux dans la vie. Il suit des cours de théâtre, mais se ramasse avec un troupeau de femmes insatisfaites qui l’ignorent. Il joint ensuite une troupe de théâtre, se retrouve avec des femmes de 40-50 ans auprès desquelles il a beaucoup de succès. Mais merde! C’est pas une femme de 50 ans qu’il veut se brancher.

Alors voilà, il est tellement désespéré et malheureux de ne pas rencontrer plus de jeunes phénomènes à son travail qu’il retourne aux études. Le résultat reste le même. Il est attiré par deux demoiselles qui sont déjà casée. Il reçoit même les menaces d’un chum.

Puis le gentilhomme ne sait plus du tout quoi faire pour attirer la gente féminine. La galanterie ne lui sert à rien. Le romantisme est dépassé. Quand il danse, on s’éloigne de lui. Quand il joue au théâtre, on le trouve bien bon, mais s’il est bon comme ça sur scène, ça doit être parce qu’il est nul au lit.

Alors le bon gars songe à se suicider à nouveau, mais il se souvient s’être juré de ne plus le faire. Son poignet porte déjà assez de cicatrices qui le gênent un peu.

Alors il se dit que d’aussi longtemps qu’il sera meilleur que les autres dans tout ce qu’il fait, les gens l’apprécieront pour l’aide qu’il peut apporter et il sera victime d’une amitié biaisée qui ne vise qu’à soutirer de son talent, mais au fond, il ne s’en plaindra jamais puisqu’il n’a jamais connu une vraie amitié, ni le vrai amour.

Il continuera à sourire parce que c’est bien moins compliqué que d’expliquer pourquoi il est malheureux.

Alors en résumé, un bon gars est un gars qui s’applique à être doué dans tout ce qu’il fait, parce qu’il espère pouvoir impressionner une fille, un jour, avec ça.

Tapis rouge, c’est romantique

Le chemin de la romance.

J’ai acheté cinq mètres d’un beau tissu de velours large que j’ai replié sur lui-même. Je l’ai placé avec soin dans un escalier d’une dizaine ne marches qui mène à un salon. J’ai positionné deux belles chandelles neuves en bas de l’escalier et deux autres en haut. Puis, j’ai parsemé quelques pétales de roses blanches tout au long de la montée. Ensuite j’ai inscrit des petits mots doux sur des rectangles de papier beige, qui tous réunis, expliquent pourquoi j’aime la destinataire.

Le plat romantique.

Sur une belle grande assiette blanche, de forme ovale, j’ai positionné des cerises, le fruit préféré de la demoiselle, que j’ai enrobé d’un chocolat de qualité provenant de la chocolaterie du quartier. Elle adore le chocolat. Du reste de chocolat fondu, j’ai fait quelques petits motifs de bon goût sur l’assiette, puis j’ai ajouté quelques carrés du même chocolat, non fondus. J’ai fait un petit cœur avec des morceaux de pomme et ajouté quelques morceaux de clémentine. Le tout déposé sur la table du salon, en haut de l’escalier, accompagné d’une chandelle faite d’une coupe.

La belle.

Le préparatifs terminés, la belle m’appelle pour me dire qu’elle est trop malade pour sortir et le lendemain matin, j’apprends qu’elle est retournée vivre avec son ex.

Morale pas trop romantique.

Avant de faire des choses spéciales, vaut mieux attendre plus longtemps qu’à la quatrième rencontre. Du velours, c’est tout de même dispendieux, j’espère avoir la chance de voir une princesse marcher dessus un jour.

Une demoiselle pour marcher sur un tapis rouge?

Dans ma tête

Il y a quelqu’un en ma tête à qui je parle constamment d’une voix muette et si elle m’écoute sans me répondre, c’est qu’elle est très timide. De même, elle est aussi un peu jalouse. Si je parle à d’autres personnes, elle se sauve un instant, le temps de me retrouver de nouveau seul à seul, mais elle ne m’en fait jamais reproche. En fait, je la soupçonne d’être muette ou parfaite.

Elle est toujours présente lorsque j’ai besoin d’elle et si j’ai besoin d’un câlin, j’arrive presque à la sentir dans mes bras.

Je partage tout avec elle, vraiment tout. Quand je fais quelque chose de génial ou de banal, je lui dis comment je fais et pourquoi je le fais. Elle m’écoute très attentivement même s’il m’arrive de répéter afin de m’assurer qu’elle ait bien compris. Je lui fais des descriptions détaillées, de peur qu’elle ne puisse pas voir la même chose que moi, même si je sais qu’elle ne voit qu’à travers mes yeux.

Elle me rassure. Par sa présence elle fait en sorte que tout est un peu mieux, un peu plus doux et un peu plus chaud. Sans elle, la vie ne prend aucune signification. Elle est la saveur de mes croustilles. Elle arrive toujours à me faire sourire, mais ce qui me touche le plus, c’est qu’elle arrive toujours à me surprendre et à m’intriguer par sa singularité.

Si elle n’existe que pour moi, dans ma tête, j’ai aussi la sensation de n’exister que pour elle, dans sa tête. Le chocolat n’est si doux qu’en le partageant avec elle.

De qui est-ce que je parle? Qui est-elle? Elle est ma conscience, le fruit de mon imaginaire. Elle fait partie de mon monde. Elle n’existe pas dans le monde vôtre. Du moins, si elle y existait, mon existence trouverait peut-être son sens en la trouvant. Je sentirais enfin peut-être avoir trouvé ma place. Neporquant, elle est trop bien pour être vraie.

Où es-tu?