La galanterie, trésor oublié

Je t’apprécie. Je te respecte. J’aime passer du temps avec toi. Je veux que la vie te soit plus agréable.

Je t’aime, mon amie, dit le galant homme.

Pas toujours facile de dire des phrases comme celles-ci, à celle que l’on apprécie, et de se prendre au sérieux et ce même si elles sont tout à fait pensées et vraies. C’est très directe comme façon de faire et pas toujours fructueux. Plutôt que de dire que l’on apprécie quelqu’un, pourquoi ne pas le lui montrer? Là est toute l’utilité de la galanterie.

L’homme galant

Selon une définition générale, l’homme galant est distingué, avec une comportement irréprochable, il bouge avec élégance et il traite les gens avec classe. Bien sûr, il pratique aussi la galanterie masculine.

L’amour, ça se montre.

Sexisme? Inégalité? Pourquoi faut-il voir partout des problèmes, plus particulièrement dans un dossier aussi banal que la galanterie? Le féminisme l’a condamnée. L’homme d’aujourd’hui ne sait plus comment se comporter avec les femmes et la femme se retrouve face à un vide. On l’entend même quelques fois se plaindre, gémissant qu’elle s’ennuie de l’homme galant et du romantisme. Ne préféreriez-vous pas, mesdemoiselles, que l’homme sache où mettre sa main, c’est-à-dire sur la poignée de la porte, plutôt que sur votre fesse gauche, alors qu’il ne vous connaît pas encore?

Il est vrai qu’à une certaine époque, la galanterie était une façon de soumettre la femme aux désires de l’homme d’une façon courtoise et polie. Doit-on condamner le sujet pour autant? L’image de l’homme est déjà suffisamment entachée de nos fautes passées sous l’agissement des personnes qui n’existent plus que dans les livres, il est inutile de continuer à nous salir. Au contraire, c’est grâce à la courtoisie que l’on peut bien vivre en société et c’est grâce à elle que l’homme et la femme peuvent potentiellement avoir une relation décente.

Ce que c’est vraiment, la galanterie.

Certaines personnes utilisent l’expression « règles de galanterie » alors que la galanterie n’est pas une suite de règles. La galanterie, c’est la façon de montrer notre respect et notre appréciation vis-à-vis une personne, avec classe et sans règle, mais surtout un jeu et une façon de plaire. On peut alors plutôt parler de principes sans qu’il y ait quoi que ce soit d’absolu. Si les principaux gestes considérés galants sont assez connus, quoiqu’insuffisamment à mon avis, il y a des points que les gens font rarement mention. La galanterie, ce n’est pas seulement l’homme envers la femme. C’est un jeu qui se joue à deux. C’est donc aussi la femme envers l’homme. Bien que ce n’est pas à la demoiselle d’ouvrir la porte pour l’homme, c’est à elle de se comporter d’une façon réceptive face aux gestes de l’homme. J’explique.

La gente dame galante.

Il m’est arrivé plusieurs fois de vouloir ouvrir la porte dans un lieu public à une amie et que celle-ci, voyant que je désirais lui ouvrir la porte, se dépêche à l’ouvrir à ma place, par orgueil ou par esprit de compétition, ce qui a fait foirer le coup. Mesdemoiselles, si vous vous plaignez que votre homme, ou que les hommes ne sont pas galants et pas assez romantique, peut-être est-il temps que vous vous penchiez sur votre propre compte. Une femme doit savoir se faire ouvrir la porte de façon charmante. Elle doit rendre la pareille par son sourire, par ses remarques, par sa façon de bouger et par son élégance. Elle doit faire sentir que l’effort de l’homme, qui tente de se faire plaisant, plaît. C’est tout simple.

Si un homme ouvre la portière de la voiture à une demoiselle et l’aide à monter de sa main, celle-ci doit s’attendre à ce que l’homme ferme aussi la porte. Si elle tire la porte, l’esprit n’est plus. J’élaborerai au sujet de la galanterie chez la femme dans un autre épisode.

Le gentilhomme galant.

Chez l’homme, le geste, en tant que tel, n’est pas aussi important que le moment et la manière. C’est plus difficile qu’il n’y paraît. Mesdames, vous ne vous en rendez même pas compte. C’est de la pratique, beaucoup de pratique et d’acharnement. L’homme doit toujours avoir l’esprit allumé afin de repérer les occasions propices. Avec le temps, ça vient presque tout seul, mais à nos début, c’est de la recherche, de l’opportunisme et ça ne sort pas toujours bien. L’homme connaîtra en chemin nombre de maladresses assez gênantes, ce qui mène au prochain point.

La manière, c’est là tout un niveau de difficulté. Ce doit être fait avec élégance, délicatesse et amusement. La femme doit sentir que ce n’est pas forcé, que c’est un plaisir pour l’homme de prendre soin d’elle. Souriez, messieurs et espérez qu’elle sourira en retour. C’est aussi pourquoi les gestes doivent être doux, sans hésitation et sans saccade. L’homme doit donc être sûr de lui et en possession de ses moyens. Si le garçon tire la chaise à la fille, il doit faire très attention que les pattes de la chaise ne se coincent pas dans les rainures des dalles du plancher, si non c’est moins charmant. De même, si elle se lève de table pour aller à la toilette, il doit en réponse se lever aussi, temporairement. En tel cas, il faut faire attention. On peut s’attendre, lorsqu’on se lève d’un trait, à ce que la chaise glisse doucement vers l’arrière, mais parfois, notamment sur du tapis raide, la chaise ne glisse pas, mais bascule vers l’arrière. Heureusement, si la fille est d’humeur à la blague, elle rira.

Les gestes ne doivent pas être précipités. S’il veut ouvrir la porte à sa compagne il ne doit pas se dépêcher, à la dernière seconde, pour prendre les devants afin d’ouvrir la porte. Il doit prévoir le coup et avoir, au préalable, accélérer légèrement le pas afin qu’il ait l’air de savoir ce qu’il fait et qu’il n’ait pas à patiner. Après avoir bien mangé, il aidera la demoiselle à remettre son manteau. Pour cela, il ne doit pas, encore là, courir à la dernière seconde pour le faire. Il ne doit pas non plus la bousculer pour prendre le manteau avant elle ou sauter par-dessus la table, ni le lui voler des mains. S’il est mal placé pour prendre le manteau, vaut mieux laisser faire. Elle prend elle-même le manteau. Par contre, s’il est à l’aise avec elle, il peut lui demander s’il peut l’aider: « puis-je vous aider? ». Il prend délicatement le manteau et l’aide. Attention! Ce geste nécessite de la pratique. Habiller quelqu’un n’est pas aussi aisé.

Ce n’est qu’un avant-goût.

Pour les hommes, j’ai commencé à regrouper une liste des gestes galants. Concernant les femmes, je pense également à vous: liste pour femmes. Mesdames, concentrez-vous à bien accueillir les gestes. N’oubliez pas que c’est un jeu, un peu comme la séduction. C’est beaucoup plus que de la bienséance ou du savoir-vivre, cela implique plus de volonté, cela implique plus que du respect. C’est un art de faire, un art de vivre qui ajoutera un brin de folie et de romantisme dans une relation.

Jouons le jeu, dit-il faisant le baisemain.

Commentaires

2 réponses sur «La galanterie, trésor oublié»

  1. nisrine le 28 mai, 2009 11:27

    Bonjour,
    Je viens de lire vos deux articles. ( La galanterie, trésor oublié, Gestes galants: ma liste pour l’homme) j ai bien adoré, c est bien dommage qu il n est pas tant de galanterie de nous jours.
    J ai hâte de lire votre article sur la galanterie chez la femme.
    Bonne continuation !

  2. Celui qui parle le 2 juin, 2009 10:51

    Bonjour nisrine,
    Merci pour votre commentaire, c’est très apprécié. Il me manque encore un peu de contenu sur la galanterie féminine, mais après quelques mois d’absence, je compte le rédiger bientôt.
    Celui qui vous parle. ;)

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