Linceul

Toi, dans ma tourmente, la petite demeisele,
Tu m’emportes et m’envoies, je, marchant seul et seul.
Il me rêve, ce rêve et me laisse dans le linceul.
Sous le pesant, je me tourne et tu me retournes.

Toi, dans ma contrainte, tu ris, tu enjouis sans moi.
Ma belle lubie, je, tu l’exhibes et exhibes.
Elle m’envie, cette envie et me jette en tombe.
Sous le froid de pluie, je suis coi et tu restes coi.

Toi, dans ma mal-aisance, sale angelete sale.
Tu prends le vouloir de je, qui te veut et veut.
Il me regarde, ce regard et me brûle sans feu.
Sous l’odeur de terre, je souffle et tu m’essouffles.

Toi, dans ma tentation, tu séduis de ton fait.
Belles jambes ornées d’un corps, je, tu le fuis et fuis.
Elle me tache, cette tache, m’accable et me tue l’esprit.
Sous le ciel-de-lit, je me tais et tu te tais.

Toi, dans ma pureté, délicate trompeuse,
Tu gâches la vérité, je, voulant mieux et mieux.
Elle me perd, cette perte et m’élève jusqu’à mes cieux.
Sur le monde vôtre, je vois et je te vois, tueuse.

Toi, dans ma cessation, vile petite mortelle,
Tu vivras, sans conscience, je, aimant et aimant.
Il me goûte, ce goût, mais je ferai toujours sans.
Sous l’adieu, sourde, je dételle et tu dételles.

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